Fiche réflexe

Je reçois un chantage

On menace de diffuser des photos, des vidéos intimes ou des informations sur vous si vous ne payez pas : voici, dans l’ordre, ce qu’il faut faire et ne pas faire, et les services officiels qui peuvent vous aider gratuitement.

Particuliers Niveau : débutant Mise à jour : Octobre 2026

Fiche réflexe — édition d’octobre 2026 · Lecture estimée : 6 minutes · Auteur : [Nom de l’auteur]

Sommaire

L’essentiel : à faire tout de suite

Réponse rapide. Face à un chantage en ligne, ne payez pas, ne répondez plus et n’envoyez aucun nouveau contenu : payer ne garantit jamais la fin des menaces. Faites des captures d’écran de tout, bloquez l’auteur, verrouillez la confidentialité de vos réseaux sociaux, puis portez plainte. Vous n’êtes pas seul : le 3018 (gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h) aide à faire supprimer les contenus diffusés, et France Victimes vous accompagne au 116 006. Si vous avez reçu un simple e-mail affirmant que votre webcam a été piratée, sans aucune preuve, c’est une arnaque de masse : supprimez-le.

À faire tout de suite

  1. Ne payez pas et ne répondez plus : bloquez l’auteur sur toutes les messageries et réseaux.
  2. Conservez les preuves : captures d’écran des messages, du profil, des demandes de paiement.
  3. Demandez de l’aide : 3018 pour faire retirer des contenus, puis plainte (en ligne sur THESEE ou au commissariat).

Le chantage en ligne le plus fréquent est la sextorsion, aussi appelée chantage à la webcam. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l’escroc démarre souvent la conversation sur un site de rencontre, un réseau social ou une messagerie, propose des échanges intimes en vidéo ou en photo, puis annonce les avoir enregistrés et menace de les diffuser à vos proches si vous ne payez pas une rançon ou ne fournissez pas d’autres contenus. Les images peuvent aussi provenir d’un compte piraté, ou être un montage, y compris généré par intelligence artificielle à partir d’une simple photo, comme le souligne l’association e-Enfance.

Ce n’est jamais de votre faute. Le chantage est une infraction : selon Cybermalveillance.gouv.fr, il est puni par le Code pénal (articles 312-10 à 312-12) de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.

Vrai chantage ou faux e-mail de chantage ?

Avant d’agir, identifiez la situation.

Situation Indices Que faire
Faux chantage par e-mail (hameçonnage de masse) Message générique : « J’ai piraté votre ordinateur et je vous ai filmé via votre webcam », aucune image réelle, demande de rançon Selon economie.gouv.fr, c’est un mensonge : si aucune preuve réelle n’est apportée, supprimez l’e-mail sans répondre. Changez par précaution le mot de passe éventuellement cité
Sextorsion après des échanges intimes Vous avez échangé en vidéo ou en photo avec un inconnu, il vous envoie un extrait ou une capture Suivez toutes les étapes ci-dessous
Chantage avec des contenus volés ou truqués Images issues d’un compte piraté, ou montage de votre visage Suivez les étapes, sécurisez vos comptes (mot de passe, double authentification)
La victime est mineure Contact souvent via un jeu en ligne ou un réseau social, l’auteur se fait passer pour un jeune du même âge Prévenez un adulte de confiance et appelez le 3018 sans attendre

Les étapes, dans l’ordre

Ces étapes reprennent la fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr consacrée à la sextorsion. Elles valent aussi pour d’autres chantages en ligne.

Étape 1 — Coupez tout contact

Dès que le chantage apparaît, ne répondez plus, même aux messages les plus menaçants, et bloquez l’auteur. Répondre lui montre votre inquiétude : il augmentera la pression. Ne négociez pas.

Étape 2 — Ne payez pas, n’envoyez rien

Ne versez aucune somme, même « petite » : les escrocs ne se contentent généralement pas d’un seul paiement, et rien ne garantit l’arrêt du chantage. N’envoyez pas non plus d’autres photos ou vidéos : l’escroc en demandera toujours davantage.

Étape 3 — Conservez les preuves

Avant de bloquer ou de supprimer quoi que ce soit, faites des captures d’écran : messages, pseudonyme et lien du profil, adresse e-mail, numéro de téléphone, demandes de paiement (adresse de portefeuille de cryptomonnaie, coordonnées bancaires, carte cadeau demandée), dates et heures. Ces éléments serviront au signalement et à la plainte.

Étape 4 — Verrouillez vos réseaux sociaux

Passez vos comptes en mode privé et masquez vos listes d’amis, de famille et de contacts professionnels. L’objectif : empêcher l’escroc de retrouver les personnes à qui envoyer les contenus.

Étape 5 — Sécurisez vos comptes

Si les images ont pu être volées dans l’un de vos comptes, changez les mots de passe (un mot de passe différent par compte), activez la double authentification et suivez la fiche dédiée au piratage de compte.

Étape 6 — Signalez le compte et prévenez vos proches

Signalez le profil et la conversation à la plateforme concernée. Informez discrètement les proches susceptibles d’être contactés : expliquez que vous êtes victime d’une escroquerie et qu’ils ne doivent ni ouvrir, ni partager, ni répondre à un message d’inconnu.

Étape 7 — Portez plainte

Déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République, avec toutes vos preuves. Pour ce type de faits, Cybermalveillance.gouv.fr indique que la plainte peut aussi être déposée en ligne sur THESEE (accessible depuis service-public.gouv.fr) ; selon economie.gouv.fr, cette voie concerne les particuliers majeurs lorsque le chantage s’accompagne d’une demande d’argent.

Étape 8 — Si un contenu a été diffusé, faites-le retirer

  • Demandez la suppression au site ou au réseau social via son formulaire de signalement. S’il ne répond pas sous un mois, vous pouvez déposer une plainte auprès de la CNIL.
  • Signalez le contenu sur PHAROS (internet-signalement.gouv.fr), la plateforme officielle de signalement des contenus illicites.
  • Le 3018 dispose d’un statut de « signaleur de confiance » auprès des réseaux sociaux et peut faire supprimer en urgence des contenus intimes diffusés sans votre accord.
  • Demandez le déréférencement auprès de chaque moteur de recherche concerné, via leur formulaire en ligne.

Les contacts officiels

Service Pour quoi Contact
3018 (association e-Enfance) Écoute, conseils, retrait accéléré de contenus ; gratuit, anonyme et confidentiel 3018, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, ou application 3018
France Victimes Accompagnement gratuit des victimes, aide pour la plainte 116 006, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h
Info Escroqueries (ministère de l’Intérieur) Conseils sur les démarches 0 805 805 817 (gratuit), du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30
THESEE Plainte ou signalement en ligne pour escroquerie et chantage avec demande d’argent Depuis service-public.gouv.fr
PHAROS Signalement de contenus illicites en ligne internet-signalement.gouv.fr
Cybermalveillance.gouv.fr / 17Cyber Diagnostic et orientation en ligne cybermalveillance.gouv.fr, 17cyber.gouv.fr

En cas de danger immédiat ou de menace physique, appelez le 17.

Les erreurs à éviter

  • Payer « pour que ça s’arrête » : c’est le plus sûr moyen de recevoir de nouvelles demandes.
  • Supprimer les messages avant de les avoir capturés : sans preuves, la plainte et le retrait sont plus difficiles.
  • Rester seul par honte : les services ci-dessus sont confidentiels et habitués à ces situations ; e-Enfance insiste sur l’importance de demander de l’aide rapidement.
  • Recontacter l’auteur pour « vérifier » s’il a vraiment les images : vous relancez le chantage.
  • Faire appel à un « détective » ou un « hacker » trouvé en ligne qui promet de tout effacer contre paiement : c’est souvent une seconde arnaque.

Pour les parents

Chez les mineurs, l’extorsion sexuelle à but financier commence souvent sur une plateforme de jeux en ligne, et l’auteur se fait fréquemment passer pour un jeune du même âge, selon e-Enfance. Si votre enfant vous en parle, remerciez-le de sa confiance, ne le culpabilisez pas, conservez les preuves avec lui et appelez le 3018.

Questions fréquentes

L’e-mail cite un de mes vrais mots de passe : est-ce que je suis piraté ?

Pas forcément. Ce type d’e-mail est envoyé en masse, et le mot de passe cité provient souvent d’une ancienne fuite de données. Changez ce mot de passe partout où vous l’utilisiez, activez la double authentification, puis supprimez le message s’il n’apporte aucune preuve réelle.

Si je paie, l’auteur supprimera-t-il les images ?

Rien ne le garantit. Cybermalveillance.gouv.fr comme e-Enfance l’expliquent : payer ou envoyer de nouveaux contenus ne met pas fin au chantage et encourage souvent de nouvelles demandes.

Puis-je porter plainte même si je n’ai rien payé ?

Oui. Le chantage est une infraction en lui-même. Conservez les preuves et déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie, auprès du procureur ou en ligne sur THESEE lorsque les conditions sont réunies.

Les images sont un montage, puis-je quand même agir ?

Oui. Un montage ou une image générée par intelligence artificielle peut servir au chantage. Les démarches sont les mêmes : ne pas payer, conserver les preuves, signaler, porter plainte et demander le retrait.

Pour aller plus loin

Sources et méthodologie

Cette fiche s’appuie sur les sources suivantes, consultées le 1er octobre 2026.

  • Cybermalveillance.gouv.fr — « Que faire en cas de sextorsion ? » — définition, prévention, étapes pour les victimes, contacts (France Victimes 116 006, 3018, Info Escroqueries 0 805 805 817), plainte sur THESEE, CNIL, déréférencement, peines encourues pour chantage : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/sextorsion
  • e-Enfance / 3018 — « L’extorsion sexuelle ou sextorsion » — formes de l’extorsion sexuelle, images volées ou générées par IA, scénario chez les mineurs, signaux d’alerte, conduite à tenir : https://e-enfance.org/informer/lextorsion-sexuelle-ou-sextorsion/
  • economie.gouv.fr — « Sextorsion : comment réagir face au chantage à la webcam ? » — fausse sextorsion par e-mail, 3018 signaleur de confiance, PHAROS, THESEE pour les majeurs : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/numerique-et-cybersecurite/sextorsion-comment-reagir-face-au-chantage-la-webcam

[Nom de l’auteur] — [Fonction / expertise]. Remplacez les mentions entre crochets avant publication.