Guide pratique

Arnaques au faux support

Faux technicien Microsoft, faux conseiller bancaire, faux agent des impôts ou faux service client : comprenez la technique du faux prétexte, repérez ses signaux et sachez réagir si vous avez déjà payé.

Particuliers Niveau : débutant Mise à jour : Octobre 2026

Guide pratique — édition d’octobre 2026 · Lecture estimée : 9 minutes · Auteur : [Nom de l’auteur]

Sommaire

L’essentiel : qu’est-ce qu’une arnaque au faux support ?

Réponse rapide. Une arnaque au faux support consiste à se faire passer pour un service de confiance — support technique, banque, administration, service client — afin de vous convaincre qu’un problème urgent exige votre aide immédiate. L’escroc vous fait alors payer un faux dépannage, prendre le contrôle de votre ordinateur, communiquer un code ou valider une opération. La parade est toujours la même : ne jamais agir depuis le contact reçu, raccrocher ou fermer la page, puis joindre vous-même l’organisme par ses canaux officiels. Si vous avez payé, faites opposition auprès de votre banque sans attendre.

On parle aussi d’ingénierie sociale : l’attaque ne vise pas d’abord votre matériel, mais votre confiance. Le scénario repose sur un prétexte crédible (un virus, une fraude sur votre compte, un remboursement, une anomalie dans votre dossier) et sur une urgence qui vous empêche de prendre du recul.

Deux formes sont particulièrement documentées en France par les autorités :

  • le faux support technique (en anglais tech support scam), qui imite Microsoft, Apple ou un éditeur d’antivirus ;
  • le faux conseiller bancaire, aussi appelé spoofing lorsque le numéro de la banque est usurpé.

Le même mécanisme se décline avec de faux agents des impôts, de l’Assurance Maladie, de La Poste, d’un fournisseur d’énergie, d’un opérateur ou du service client d’un site marchand.

Selon Cybermalveillance.gouv.fr, le préjudice d’une arnaque au faux support technique peut aller de quelques centaines à des dizaines de milliers d’euros.

Comment fonctionne le faux prétexte

Le faux support technique

Cybermalveillance.gouv.fr décrit un scénario très stable :

  1. L’alerte. Pendant que vous naviguez, une page s’affiche en plein écran, souvent avec une sirène ou une voix : « Votre ordinateur est infecté, vos données vont être perdues, appelez immédiatement le support Microsoft au… ». Elle semble bloquer l’appareil.
  2. L’origine. Cette page n’est pas une alerte de votre système ni de votre antivirus : c’est une page Internet frauduleuse. Elle s’ouvre généralement après un clic sur un lien piégé — résultat sponsorisé d’un moteur de recherche, publicité sur un réseau social, faux article au titre racoleur, site piraté ou courriel malveillant. Parfois, c’est le faux technicien qui vous appelle directement.
  3. La prise de main. Au téléphone, le « technicien » vous demande d’installer un logiciel de contrôle à distance (AnyDesk, TeamViewer, ConnectWise…) pour « réparer ».
  4. La facture. Il vous fait payer un pseudo-dépannage, un abonnement ou des logiciels inutiles, voire nuisibles, avec factures et contrats d’apparence officielle.
  5. La menace ou le vol. Si vous refusez, il peut menacer de détruire vos fichiers ou de divulguer vos données. De plus en plus souvent, il vous convainc d’ouvrir votre banque en ligne, « piratée », pour la « sécuriser »… et en vide les fonds.

Le faux conseiller bancaire

Le ministère de l’Économie détaille le déroulé habituel :

  1. Une personne vous appelle en se présentant comme votre conseiller ou comme le service anti-fraude de votre banque.
  2. Elle vous annonce des transactions frauduleuses « en cours » sur votre compte.
  3. Pour les « stopper », elle vous demande votre identifiant, votre mot de passe, le code reçu par SMS, ou de valider une opération dans votre application.
  4. Après l’appel, vous découvrez que des sommes ont été prélevées.

L’appel est souvent préparé par un SMS ou un courriel d’hameçonnage qui a permis de collecter vos informations. Le fraudeur peut aussi s’appuyer sur des données issues de fuites massives et même afficher le numéro de votre banque. Variante courante : l’arnaque au coursier, où l’on vous propose de remettre votre carte « piratée » à un livreur en échange d’une nouvelle.

Les autres faux services

Faux interlocuteur Prétexte typique Ce que veut l’escroc
Support technique (Microsoft, Apple, antivirus) « Votre ordinateur est infecté » Accès à distance, paiement d’un faux dépannage, accès à la banque en ligne
Conseiller bancaire « Des paiements suspects sont en cours » Codes de validation, ajout de bénéficiaire, carte bancaire
Administration (impôts, Assurance Maladie, amendes) « Remboursement en attente », « dossier à régulariser » Coordonnées bancaires, identifiants, petit paiement
Service client d’un site ou d’un livreur « Commande bloquée », « colis en attente » Numéro de carte, identifiants de compte
Opérateur ou fournisseur d’énergie « Votre ligne va être coupée », « trop-perçu à rembourser » Données personnelles et bancaires

Une ruse fréquente consiste à placer un faux numéro de service client en tête des résultats de recherche ou dans une publicité. Vous croyez appeler le vrai service : c’est vous qui contactez l’escroc.

Les signaux d’alerte à repérer

Signal Exemple Pourquoi c’est suspect
Alerte qui bloque l’écran avec un numéro à appeler « Appelez le support au… avant la perte de vos fichiers » Aucun support officiel n’affiche ce type d’alerte avec un numéro
Contact non sollicité « pour vous aider » Un technicien vous appelle au sujet d’un virus Selon Cybermalveillance.gouv.fr, aucun support technique officiel ne vous contactera pour vous dépanner suite à une alerte
Urgence et peur « Il faut agir maintenant, sinon votre compte sera vidé » La pression vise à couper votre réflexion
Demande d’installer un logiciel d’accès à distance AnyDesk, TeamViewer… L’escroc prend la main sur votre appareil
Demande d’un code reçu par SMS ou d’une validation dans l’appli « Validez pour annuler l’opération » Une validation n’annule jamais une opération : elle l’autorise
Demande de virement vers un « compte sécurisé » « Mettez votre argent à l’abri » Votre banque ne le demande jamais
Remise de carte à un coursier « Un livreur passe la récupérer » Votre banque n’envoie jamais de coursier
Interlocuteur très bien renseigné Il connaît votre nom, votre agence, vos derniers achats Ces données peuvent venir d’une fuite : elles ne prouvent rien
Paiement inhabituel Cartes prépayées, cryptomonnaies, virement à l’étranger Moyens difficiles à récupérer

Un seul signal suffit pour couper le contact et vérifier.

Les réflexes de protection

Réflexe Ce que ça bloque Comment faire
Ne jamais appeler le numéro d’une alerte Faux support technique Fermez la page (Échap ou F11 pour quitter le plein écran) ; si besoin, redémarrez l’ordinateur
Raccrocher et rappeler soi-même Faux conseiller, faux agent, faux service client Composez le numéro habituel : dos de votre carte, contrat, site officiel tapé à la main
Ne jamais donner accès à distance à un inconnu Prise de contrôle, vol de comptes N’acceptez qu’un dépannage que vous avez vous-même demandé à un prestataire identifié
Ne jamais communiquer mot de passe, code confidentiel ou code SMS Paiements et virements frauduleux Ces informations sont strictement personnelles, même face à « votre banque »
Se méfier des liens sponsorisés et des numéros trouvés en ligne Faux services clients Passez par le site officiel ou l’application de l’entreprise
Mettre à jour système et navigateur, utiliser un antivirus à jour Pages et programmes malveillants Activez les mises à jour automatiques
Éviter les sites illicites et les logiciels « piratés » Publicités douteuses et infections Téléchargez uniquement depuis les sources officielles
Faire des sauvegardes régulières Chantage à la destruction des fichiers Copie externe ou cloud, régulièrement

La phrase à retenir

Face à un appel inattendu : « Je vais vérifier et je vous rappelle. » Un vrai service ne vous en voudra jamais. Comme le rappelle le ministère de l’Économie, au moindre doute, raccrochez et contactez votre banque au numéro habituel.

Que faire si vous êtes tombé dans le piège ?

Les étapes ci-dessous suivent les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr et du ministère de l’Économie.

Si un faux technicien a eu accès à votre ordinateur

  1. Coupez le contact : ne rappelez pas, ne répondez plus.
  2. En entreprise, prévenez immédiatement votre service ou prestataire informatique.
  3. Désinstallez le logiciel d’accès à distance installé à la demande de l’escroc.
  4. Changez tous vos mots de passe, en commençant par la messagerie et la banque.
  5. Lancez une analyse approfondie avec votre antivirus.
  6. Nettoyez le navigateur si l’alerte revient : videz le cache, supprimez les cookies, réinitialisez les paramètres, voire recréez le profil.
  7. Faites-vous aider si nécessaire par un professionnel référencé sur Cybermalveillance.gouv.fr.

Si vous avez payé ou donné des informations bancaires

  1. Faites opposition sans délai auprès de votre banque.
  2. Demandez le remboursement d’un paiement par carte débité, ou l’annulation d’un virement. Une copie de plainte peut vous être demandée.
  3. Changez le mot de passe de votre banque en ligne.
  4. Signalez la fraude à la carte sur Perceval, la plateforme du ministère de l’Intérieur.

Dans tous les cas

  • Conservez les preuves : photo de l’écran d’alerte, numéros de téléphone, factures, contrats, relevés, nom du logiciel d’accès à distance, dates et heures précises.
  • Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou par écrit auprès de la section de lutte contre la cybercriminalité (J3) du parquet de Paris.
  • Faites-vous accompagner gratuitement par France Victimes au 116 006 (appel gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h).
  • Demandez conseil à Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30).

Les conditions de remboursement dépendent de chaque situation : ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.

Questions fréquentes

Microsoft ou Apple peuvent-ils vraiment m’appeler au sujet d’un virus ?

Non. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle qu’aucun support technique officiel ne vous contactera ni ne vous demandera de le contacter pour vous dépanner suite à une prétendue alerte de sécurité. Un tel appel est une tentative d’escroquerie : raccrochez.

L’alerte bloque mon écran : mon ordinateur est-il infecté ?

Le plus souvent, non : il s’agit d’une page Internet agressive, pas d’un vrai virus. Quittez le plein écran avec Échap ou F11, fermez la fenêtre, ou redémarrez l’ordinateur. Si l’alerte réapparaît, nettoyez le navigateur et lancez une analyse antivirus.

Le numéro affiché est bien celui de ma banque : est-ce fiable ?

Non. Le ministère de l’Économie indique que les fraudeurs peuvent usurper le numéro de votre banque. Raccrochez, puis rappelez vous-même au numéro habituel. Si l’appel était légitime, votre conseiller le confirmera.

J’ai laissé un faux technicien prendre la main, mais je n’ai rien payé : que faire ?

Désinstallez le logiciel d’accès à distance, changez tous vos mots de passe, lancez une analyse antivirus et surveillez vos comptes bancaires. L’escroc a pu consulter ou copier des données. Conservez les preuves et signalez les faits.

Comment trouver le vrai numéro d’un service client ?

Tapez vous-même l’adresse du site officiel ou ouvrez l’application de l’entreprise, puis cherchez la rubrique contact. Méfiez-vous des numéros mis en avant dans des annonces sponsorisées ou sur des sites tiers.

Pour aller plus loin

Sources et méthodologie

Ce guide s’appuie sur les sources officielles suivantes, consultées le 1er octobre 2026.

  • Cybermalveillance.gouv.fr — « Comment faire face à l’arnaque au faux support technique » — mode opératoire, origines des fausses alertes, préjudices constatés, mesures de prévention, étapes pour les victimes, contacts (France Victimes 116 006, Info Escroqueries 0 805 805 817, parquet de Paris J3) : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/arnaques-au-faux-support-technique
  • Ministère de l’Économie (economie.gouv.fr) — « Arnaque au faux conseiller bancaire (spoofing) : comment la repérer et réagir ? » — déroulé de la fraude, usurpation de numéro, arnaque au coursier, ce qu’une banque ne demande jamais, démarches (opposition, plainte, Perceval) : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/numerique-et-cybersecurite/arnaque-au-faux-conseiller-bancaire-spoofing-comment-la-reperer-et-reagir

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